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Non, le miroir, même savant, ne nous renseignera pas sur la lecture de cette jeune femme. Peut-être lit-elle Alice. De l’autre côté du miroir. Marcel Mariën, Le miroir savant.

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Quant aux modèles de Sabine Modotti, elles apprécient les livres d’art. A s’ y confondre, même. L’une plongée dans Warhol, l’autre dans l’oeuvre de Wesselmann.

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Voilà, vous en savez autant que cette jeune femme photographiée par Mike Dowson

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Que lit-elle cette Liseuse de roman d’Antoine Wiertz (1853) ? Quelque livre à l’index ou qui démangerait l’index de la dame ? Et cette main qui glisse vers le drap et ces quelques livres ? Serait-elle voleuse ? ou plutôt tentatrice ? Voire même tentée ? Tentée par la dame ou tentée par les livres ? C’est René Magritte qui peignit « la lecture défendue ».

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… Ou les performances de Vanessa Beecroft.

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Celle-ci au musée de Villeurbanne.

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Au Guggenheim à New-York

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Petites culottes bien sages au musée de Monchengladbach.

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Encore au Guggenheim. Et cette fois il manque une petite culotte

Pulsion scopique, ou le plongeon dans la petite culotte. Sabine Modotti, une jeune photographe vénitienne.

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Ne cherchez pas la petite culotte dans le miroir. Elle est au sol. C’est encore Sabine Modotti.

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Petite culotte écartée. Un poëlle, fort peu de poils. Si mes souvenirs sont bons, c’est un cliché de Brassaï.

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La petite culotte de Roberte, entre les barres parallèles. Pierre Klossowki.

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Petite culotte et rideau rouge. Brassaï.

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Dans le miroir. Encore cette coquine Cornélie Tollens

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Sur les chevilles. Thomas Ruff.

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Restons donc en compagnie de Cornélie Tollens dont l’univers de création est fort joliment érotique et et très directement provoquant. Ses photographies se dégustent. D’ailleurs cette première y invite directement : drink me.

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Tout aussi incitant et prometteur ce : Eat me.

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Quant à celle-ci, pas de doute : il y a à boire et à manger.

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Encore deux hommages à l’Origine du monde de Gustave Courbet. Le premier par Michael Kirkham, un jeune peintre néerlandais . Cette toile, il la titre : origine du monde (négative).

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Le second hommage par la photographe, néerlandaise elle aussi, Cornelie Tollens. Fort coquine. Le titre de l’oeuvre : Merci monsieur Courbet. Joli.

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On connait le style parfaitement décalé, déjanté, british, déformant de John Currin, lui qui balance entre peinture de la Renaissance, culture pop, mode contemporaine, adepte des genres les plus éculés pour des sujets de parfait mauvais goût. On connait par exemple ses portraits de quinquagénaires béates et débordantes d’une candeur offerte. Le voici qui se penche sur des vintages pornographiques scandinaves pour nous offrir l’académisme de la pornocopie, cannibalisant ces images à l’huile et sur toiles. Stupéfiant. « Rotterdam 2006 » ci dessus, Kissers ci-dessous, dont la source iconographique circule sur le net. Non pas sur un site consacré à la peinture.

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Non, ce n’est pas de la photographie. Chantre de l’homoérotisme, mateur de mecs, l’artiste turc Taner Ceylan s’inscrit dans la pure filière de l’hyperréalisme pictural. Le titre ce cette toile de 30 x 50 cm est d’ailleurs doublement significatif : « good morning mister Courbet », comme la célèbre toile « Bonjour monsieur Courbet », de Gustave Courbet, chef de file de l’école réaliste, toile également appelée « la rencontre ». Doublement significative car on évoquera aussi, à fleur d’eau et fleur de peau, cette autre toile de Courbet, l’origine du monde : celle-ci pourrait se lire comme une fort explicite version masculine de l ’emblématique tableau de Courbet.
D’ailleurs, quand on parle d’origine, cette autre toile se nomme « Adam entering me ». Retour aux origines. Adam et le fruit défendu sur plage paradisiaque.

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Restons à la mer, cette fois avec Célia, photographiée par Helmut Newton en 1991. On le sait, entre érotisme, fétichisme et photo de mode, les occasions d’immortaliser une image de la femme dans une situation provocante et décalée ont été innombrables pour le photographe. Voilà donc Celia téléphonant nue sur sa terasse. Bien sûr le regard caresse ses formes longilignes; très vite pourtant il va et vient du cordon torsadé du téléphone au tuyaux serpentant sur le carrelage… Celia appelerait-elle son plombier pour… une urgence ? On ose bien sûr se douter de laquelle.
Helmut Newton a classé cette photographie dans la série « sexe et paysage » qui fit l’objet d’une exposition en 2001. Le maître estimait sans doute qu’on n’y prêtait pas suffisamment d’attention, … à ses paysages.

Les vacances en Grèce c’est vraiment fort. Mesdames, n’hésitez pas :

D’après le Peintre du baiser, tout commence toujours par un flirt appuyé
D’après le Peintre de Shuvalov, la position dite de la chaise est très en vogue, et pas de panique, les hommes sont prudents et le préservatif est de mise.

D’après Polygnotos, il est aisé de se trouver deux partenaires pour des trios endiablés.

D’après le Peintre de Scheurleer, les hommes font de la gymnastique et sont amateurs de toutes les positions, même les plus acrobatiquement étonnantes. Bref, mesdames, le peintre de Pan vous le certifie : il est aisé de partir la bite sous le bras. Etre une phallophore, c’est fort.

Si des galipettes fellatrices et et cunni-pneumatiques devaient vous tenter à l’heure de la sieste au bord de la piscine, je ne vous conseille pas ce matelas des frères Chapman. Il est en… bronze.
C’est dire, que le risque est grand de se retrouver au fond de la piscine, et même sans pull marine.
D’ailleurs l’oeuvre s’appelle « death II ». Contentons-nous de mater là.

En plus, on oublie tout allongée sur le sable ; il n’y a plus que la peau qui frémit. Même pour le peintre hyper-réaliste Eric Fischl, pourtant généralement plongé dans les drames psycho-sexuels de la middle class… Non, non, là il n’y a plus que le soleil, la mer et peut-être le sexe, n’est-ce pas… Ce type qui court, là, à deux pas… qui passe derrière les seins de ma copine… D’ailleurs, il n’y avait que ça d’important ce jour là, pardon que Shah. Le type s’appelle Sha et la toile : The Day the Shah Ran By.

Sea, sex and sun
Le soleil au zénith
Me surexcitent
Tes p’tits seins de Bakélite
Qui s’agitent
Sea, sex and sun
Toi petite
C’est sûr tu es un hit

Le pied…

D’accord, cette année c’est la mer.

C’est l’amour à la plage
Et mes yeux dans tes yeux
Baisers et coquillages
Avec toi et l’eau bleue

Baiser plus picassien que pique-assiette, plutôt vorace notre Picasso, non ?

Avec Tom Wesselmann, ça fait tout de suite un peu vacances, non ? Alors, cette année, mer ou montagnes ? marine ou paysage alpestre ? plongée ou grimpette ? trempette ou ascension ? la plaine ou les monts ? Le col ou la vague ?

oh finalement, à la mer où à la montagne, les nuits sont aussi chaudes.

Tom Wesselmann, Seascape et bedroom droput, 1983, prints

Avec Tom Wesselmann, l’un des papes du pop, ces dames les montrent en toutes occasions.. Ils sont lisses, roses,rouges, stylisés, toujours tendus. American way of life des années 60, Wesselmann trouve son inspiration auprès des pin ups qui glacent les magazines de charme. Des nus dépersonnalisés, des sex-symbols posant dans un environnement banal, voire aseptisé. Et le peintre accentue le côté lisse, alangui, séducteur, proche de l’image publicitaire dont le Pop fait l’un de ses moteurs essentiels.

Bon, Wesselmann aimait Matisse. Ici, c’est plutôt le retour à l’Origine du monde de Courbet.

Gabrielle d’Estrées les montre, oh oui, et mieux encore, elle permet à sa compagne de bain de délicatement lui pincer le téton.
Quelle impudeur effrontée et délicieusement perverse, tandis que se lève le rideau rouge d’apparat pour les voyeurs que nous sommes. Tendre amours saphiques ? Vous avez vu sur la cheminée, au dessus de la dame de compagnie toute occupée à ses travaux de couture ? Un tableau, peut-être coquin, où l’on discerne une paire de jambes écartées… C’est vrai que la baignoire nous cache celles des deux dames à l’avant plan.
La belle Gabrielle était favorite d’Henri IV qui lui voua une passion éperdue. Il semblerait que cette tendre prise de téton soit symbolique, indiquant par là que madame d’Estrées était enceinte des oeuvres du roi. Le peintre, que l’on ne connaît pas mais qui appartient à l’école de Fontainebleau, a préféré le trouble et l’ambiguïté.

Toujours dans la série, « ces bouts, les montrer ou pas »

Nina ou Natasa ou toutes les autres les montrent au ciel avec ferveur, comme un rituel. C’est là la contribution de Marina Abramovic au projet Restricted. Solicitée comme d’autres artistes à réaliser une oeuvre sur la pornographie, Marina Abramovic prend le sexe à rebours du convenu et de la banalisation de l’image pornographique. Elle écrit une balkan erotic Epic, un film qui aborde l’érotisme du folklore balkanique. La Serbie est son pays d’origine, là où le sexe est libre et tellement important dans les traditions populaires. « Dans tous ces rituels païens, écrit Julia Peker sur Paris-Art, le sexe est un outil permettant de tenir à distance la maladie, le mauvais sort, ou la pluie, une arme contre toute forme de destruction. Sa puissance symbolique émane de sa vitalité naturelle.
Les photographies de Marina Abramovic donnent une visibilité aux récits racontés dans les
livres, tout en se libérant du poids symbolique de ces scènes traditionnelles. La vision de femmes se caressant les seins en regardant vers le ciel est d’abord une image. Les yeux clos de leurs visages tournés vers les nuages abandonnent ces corps à la sensualité de la caresse, et le sens codifié de l’acte passe au second plan derrière l’énigme du plaisir. »

Oeuvre étonnante d’une artiste magnifique.

avertissement

D'accord, ce blog investit le champ artistique... Néanmoins, certains billets pourraient être fort explicites suivant les tribulations de l'auteur. Vous voilà prévenus.

point de vue

il n'y a pas d'art érotique. Il n'y a que l'art. Il peut bien sûr être érotique. Question de point de vue... sur l'art.
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