Dans ce cabinet de toilette au canapé rose, nue et à contre-jour, Marthe ne vous les montre pas tout à fait. Juste l’un de profil, tandis que la jeune femme se parfume. Mais dans les toiles de Bonnard, les dispositifs de miroirs sont parfois troublants. Celui du cabinet au canapé rose renvoie l’image du corps de Marthe, dont la peau pourtant veloutée prend, en se reflétant, des tonalités marmoréennes. Il réfléchit également une chaise, dont on ne trouve pourtant aucune trace, au premier plan. Est-ce la chaise du spectateur ou celle de Bonnard?
Le jour traverse la chambre, glisse de la fenêtre au canapé-lit rose et au mur tapissé jaune et vert, puis rebondit sur le corps de Marthe, pour s’inscrire dans l’eau du tub.
Pierre Bonnnard est un observateur émerveillé.
Nu à contre jour, 1908