Il est aussi célèbre, ce téton, que le sourire de la Joconde. Tableau que l’on retrouvera caché derrière des volets clos dans l’atelier en 1520. Ce sein, c’est bien sûr celui de La Fornarina, la boulangère, modèle, amante et maîtresse de Raphaël. C’est son nom d’ailleurs gravé sur le bracelet qui enserre le bras du modèle, comme une marque d’appartenance… Là ce n’est pas une Vierge que Raphaël dépeint, mais une femme aimée, regard pudiquement détourné et portant une perle dans la chevelure, signe conventionnel du sentiment amoureux.
On la trouvera vulgaire. Epuisa-t-elle le peintre ? Vasari, leur contemporain, affirmera que Raphaël, mort assez jeune, à l’âge de 37 ans, avait été victime « d’un abus des plaisirs ». On dit aussi que le banquier Agostino Chigi, richissime commanditaire de Raphaël, lui enlevait fréquemment la Fornarina afin que Raphaël puisse achever sereinement ses travaux. Ben voyons.
Le modèle ou sa relation avec le peintre en fera fantasmer plus d’un, de l’activité créatrice à l’activité érotique… Ingres et Degas, ou plus récemment Joël Peter Wikin pour ne citer que ceux-ci.