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" ah! être si près du but, et si loin " Pierre Klossowski, Le Bain de Diane, Paris, J.-J.Pauver, 1956, p.85.


Tandis que Diane se baigne dans la fontaine de Gargaphie, Actéon errant d’un pas incertain dans ce bocage qui lui est inconnu, arrive dans l’enceinte sacrée, entraîné par le destin qui le conduit. À peine est-il entré dans la grotte où coule une onde fugitive, que les nymphes l’apercevant, frémissent de paraître nues, frappent leur sein, font retentir la forêt de leurs cris, et s’empressent autour de la déesse pour la dérober à des yeux indiscrets. Mais, plus grande que ses compagnes, la déesse s’élevait de toute la tête au-dessus d’elles. Tel que sur le soir un nuage se colore des feux du soleil qui descend sur l’horizon; ou tel que brille au matin l’incarnat de l’aurore naissante, tel a rougi le teint de Diane exposée sans voiles aux regards d’un mortel. Quoique ses compagnes se soient en cercle autour d’elles rangées, elle détourne son auguste visage. Que n’a-t-elle à la main et son arc et ses traits rapides ! À leur défaut elle s’arme de l’onde qui coule sous ses yeux; et jetant au front d’Actéon cette onde vengeresse, elle prononce ces mots, présages d’un malheur prochain :
"Va maintenant, et oublie que tu as vu Diane dans le bain. Si tu le peux, j’y consens". Elle dit, et soudain sur la tête du prince s’élève un bois rameux; son cou s’allonge; ses oreilles se dressent en pointe; ses mains sont des pieds; ses bras, des jambes effilées; et tout son corps se couvre d’une peau tachetée.

Ovide, les Métamorphoses, Actéon IIIPierre Klossowski, Diane et Actéon, 1954

cock tail
queue de queues

Kendell Geers, Kocktail, 2005


Le Chevalier.

- Tout est con chez cette divinité !Nicole (avec transport)
- Ah ! c’est bien chez toi que tout est vit.

Cet éloge est à peine prononcé que déjà sa bouche, qui ne veut pas se laisser vaincre de procédés par celle du Chevalier, s’est remplie du frais et rubicon bigarreau dont l’orgueilleux engin est couronné ; la folle fredonne en cette posture, une espèce d’air en remuant les doigts le long de cette étrange clarinette, à laquelle ce doigté ne laisse pas de causer un vif surcroît de plaisir. Elle ne dédaigne point de caresser aussi les ornements inférieurs, ni même de postillonner légèrement ce réduit plus inférieur encore, que la Nature a fait le quiproquo de ne pas rendre absolument insensible aux atteintes variées de la volupté. Ces stimulantes manœuvres ont bientôt conduit l’ardent Chevalier au même degré de prurit que sa langue fait éprouver à Nicole ; ils sont mutuellement électrisés au même instant, et l’élixir de vie que reçoit dans sa bouche l’enchanté fellateur est aussitôt quadruplement restitué à celle de l’expirante fellatrice. Deux déterminés ivrognes ne vident pas leurs verres avec autant de ferveur qu’en ont nos capricieux exaltés à savourer l’huile essentielle de Cythère. L’un et l’autre semblent désirer de tarir les sources où ils viennent de s’abreuver. – Enfin, il est temps d’avoir un moment de relâche. On reprend ses chemises après s’être bien rincé la bouche, d’abord avec de l’eau ; ensuite chacun avec un petit verre d’excellent Marasquin, dont Nicole s’est à propos souvenue d’avoir encore un flacon échappé, par bonheur, à l’intempérance du vilain Hilarion.-

André de Nerciat, le diable au corps, roman libertin, 1798, tome troisième.

Félicien Rops, gravure pour l’édition de 1865 du diable au corps d’André de Nerciat.

Cornu, le diable à gueule d’ange, déshabilla la coquette.

Antoine Wiertz, Le miroir au diable, la coquette habillée, la coquette déshabillée, 1856

fleurs du Mal,
fleurs de mâles.

Kendell Geers, les fleurs du Mal, 2005

Quels rêves délicieux en transfigurent le tain ?
Impudence impudique, tu relèves tes jupons, fends ta pêche du regard. Habité par le singe, et comme l’est ton fourreau, le miroir est profond.

Félicien Rops (1833-1898), Impudence.

avertissement

D'accord, ce blog investit le champ artistique... Néanmoins, certains billets pourraient être fort explicites suivant les tribulations de l'auteur. Vous voilà prévenus.

point de vue

il n'y a pas d'art érotique. Il n'y a que l'art. Il peut bien sûr être érotique. Question de point de vue... sur l'art.
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