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Sous rubrique de notre kamasutra artistique
Pablo Picasso, 1940
Agostino Carracci (1557-1602)
Francesco Hayez
Si le monsieur s’agenouille au bord du lit pour prendre la dame, on parlera de bateau ivre…
Et à propos du Bateau Ivre, rappelons les vers d’Arthur Rimbaud :
J’ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !
de douces chevauchées qui ont pour noms position de la balançoire ou du cheval renversé, ou encore de l’Aretin en hommage à Pierre l’Aretin et aux “modi” (les positions) de ses “sonnets luxurieux”.
« Puisque c’est pour baiser que l’on nous mit ici,
Baisons, mais baisons donc et foutons-nous sans cesse,
Toi tu aimes le noeud, moi je chéris la fesse
Le monde serait con s’il n’en était ainsi.”….
A classer dans notre kamasutra artistique.
Man Ray, monsieur et madame Woodman, 1947
Francesco Hayez
Thomas Rüff, Nude
Dans notre (nouvelle) série, l’art prend position ou faites donc l’amour en positions artistiques.
Andromaque : “Celle-ci est la femme de Hektôr qui était le plus brave des Troiens dompteurs de chevaux quand il combattait autour de Troiè”, rappelle Homère dans le sixième chant de l’Illiade. Et Andromaque aimait à chevaucher son Hector, le domptant en position équestre. Le poète latin Martial, se plaignant du manque d’ardeur sexuelle de sa propre épouse (“Tu aimes les ténèbres. Moi, il me plaît de folâtrer sous l’oeil de la lampe et de faire l’amour au grand jour”) dans le 11e livre de ses “Epigrammes” écrit d’ailleurs à ce sujet :
“Tu juges indigne de toi d’aider mon travail de tes mouvements, de ta voix, de tes doigts. On dirait que tu prépares l’encens et le vin du sacrifice. Quand Andromaque chevauchait Hector, les esclaves Phrygiens, derrière la porte, jouissaient, solitaires, et même pendant qu’Ulysse ronflait, la chaste Pénélope avait toujours la main à l’endroit sensible. “
Voilà donc pour la désormais célèbre “position d’Andromaque”, ici un relief antique découvert à Pompéi
Que Laurent Chambert décline en une sculpture de carton ondulé (avec poudre d’or, 2005), nuançant l’exercice et choisissant la variante de l’ “Union du papillon”, encore appelée position de la voie inclinée, ce qui permet à madame d’effectuer d’agréables mouvements circulaires.
Et n’oublions pas les conseils de Vatsyayana:
Celui qui est expert dans l’art d’amour, qui connaît sa propre force ainsi que l’ardeur, la tendresse et la vigueur de sa jeune maîtresse doit tenir compte de ces mouvements torrentueux et être prudent”. (Titre 2, chapitre 7 des Kâma Sûtra)
On connait le style parfaitement décalé, déjanté, british, déformant de John Currin, lui qui balance entre peinture de la Renaissance, culture pop, mode contemporaine, adepte des genres les plus éculés pour des sujets de parfait mauvais goût. On connait par exemple ses portraits de quinquagénaires béates et débordantes d’une candeur offerte. Le voici qui se penche sur des vintages pornographiques scandinaves pour nous offrir l’académisme de la pornocopie, cannibalisant ces images à l’huile et sur toiles. Stupéfiant. “Rotterdam 2006″ ci dessus, Kissers ci-dessous, dont la source iconographique circule sur le net. Non pas sur un site consacré à la peinture.
Biennale de Venise 1991, l’Arsenal déjà transformé en loveland. Jeff Koons y installe ce qu’on pourrait nommer un porn cataphalque et se représente baisant sa future jeune épouse, Llona Staller, mieux connue sous le nom de Cicciolina, dans toutes les positions et en tous médias. Kitsch harcore dans la section Aperto, la bien nommée. Et lui aussi évoquait le paradis : ce cycles de sculptures, peintures et photoraphies porte le doux nom de “made in haeven”. Comme quoi, les Coréens ne sont pas en avance. Quant à Jeff, dirty on top, il dira plus tard : “Je n’ai pourtant jamais voulu être choquant. Mon intention était seulement de créer une oeuvre dans la tradition de Boucher et de Fragonard”. Oui Oui.
Un parc de sculptures sur l’île de Cheju, au large de la Corée. Disney salace, loveland disent-ils, demandez votre sachet de pop porn à l’entrée. Il paraît que Cheju est aussi surnommée l’île de la lune de miel… Elle est paradisiaque et il est de tradition d’y passer son voyage de noces. Cela me rappelle “Made in heaven” de Jeff Koons, cycle que l’artiste réalisait avec son épouse, la Ciciolinna il y a vingt-cinq ans. Ici, ce sont des artistes coréens qui ont oeuvré; et la collection dépasse de loin ces quatres sculptures. Mais nulle part je n’ai trouvé trace des noms de ces plasticiens, au top du kitsch.
Il faut 45 minutes pour parcourir le parc, sans compter les éventuels arrêts dans les buissons, bien sûr.










































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