You are currently browsing the category archive for the ‘_escalier’ category.

trap1.jpg

John Stoddart

trap2.jpg

Inez Van Lamsweerde

trap3.jpg

Marcel Duchamp, Nu descendant l’escalier, n°2

trap4.jpg

Ernesto Timor

Ernesto Timor

Samantha Wolow

Tom Poulton

Thomas Rowlandon

Ernesto Timor

Jean Loup Sieff

Guido Argentini

cashback_01.jpg

Franchement, je me mettrais bien aux pâtes à tous les repas et pas question de faire des réserves dans l’armoire : juré, j’irai au supermarché acheter mes pâtes trois fois par jour. Vous me direz qu’évoquant « Cashback » de Sean Ellis je quitte les arts plastiques pour le cinéma ? Pas tout à fait : insomniaque depuis sa rupture, Ben, étudiant aux beaux-arts, se retrouve avec un tiers de vie supplémentaire à occuper. Il prend donc un petit boulot au supermarché du coin, découvre ainsi l’ennui au travail puis les stratégies de résistance contre cet insaisissable ennemi. La sienne consiste à arrêter le temps… Voyage entre réalité et imaginaire, Ben (Sean Biggerstaff) rêve de figer le temps de la beauté.

image-1.jpg

« Cashback » n’est pour autant pas une réussite et allonge la sauce dans un esprit potachique qui ratisse large. Seen Ellis aurait peut-être (sûrement même) mieux fait de s’arrêter au court-métrage éponyme qu’il réalisa deux ans auparavant, nominé aux Oscars en 2004. Un petit bijou de 18 minutes, léger et poétique. J’ai le souvenir vivace de cette scène de l’escalier où le tout jeune Ben, gamin, découvre la beauté dévoilée du corps de la femme, en l’occurence celle de la jeune fille au pair de la famille. « Je n’ai jamais éprouvé une telle complétude, se souvient-il. Cela reste une des plus belles choses que j’ai vues ».
Je ne résiste pas à vous en livrer quelques stills. Le court-métrage est visible sur vidéo google

cashback2004.jpg

ceque1.jpg

ceque2.jpg

ceque3.jpg

ceque4.jpg

« Ce que l’oeil voit et convoite, que ta main s’en saisisse » (2003). Collages de Thierry Tillier.

03.jpg

01.jpg

Richard Hamilton, ‘descending nude’, 2006

nunewton.jpg

Helmut Newton

9349marien.jpg

Marcel Mariën, nue au pied de l’escalier

c505jpg.jpg

Tony Ward, nue remontant l’escalier

Dans la série : « Erotiquement, j’ai toujours eu un faible pour les escaliers »

Bien sûr, l’escalier, marche après contre marche, c’est bien. Mais il y a aussi l’ascenseur. On n’arrête pas le progrès.
En ce cas, si l’amant est dans le placard, l’ascenseur mène au septième ciel.

Marcel Marïen, l’invention de l’ascenseur, photographie argentique, 1985

Dans la série : « Erotiquement, j’ai toujours eu un faible pour les escaliers »

Dans l’escalier, les agresseurs ne sont, une fois de plus, que l’instrument de l’exposition de Roberte. Serions nous comme Octave ou Pierre Klossowski lui-même contemplatifs du péché? Roberte, ce soir.

Pierre Klossowski, Roberte et les collégiens V (vision du Professeur Octave), 1974

Dans la série : « Erotiquement, j’ai toujours eu un faible pour les escaliers »

Ema aussi descendit l’escalier. Il aima, bien sûr.

Gerhard Richter, Ema nue dans l’escalier, huile sur toile, 200 x 130, 1966

Parfois, nue, elle remonte l’escalier. Ici, sans doute la Mariée, celle mise à nu par ses célibataires, même. Emoi derrière.

Jacques Charlier, « Rrose Melody », 1976

Erotiquement, j’ai toujours eu un faible pour les escaliers.

Fort joli texte trouvé ici, à propos du « Nu descendant un Escalier No.2, 1912″ de Marcel Duchamp.

Elle a descendu l’escalier. Nue. Entièrement nue. En le découvrant, assis dans le fauteuil en osier, elle a hésité sur les marches. Il l’a suivie des yeux, elle dont il connaissait le corps du bout des doigts, à tâtons dans le noir. Il l’a examinée comme un cadeau insolite, un objet qui aurait soudain pris vie.

Il a murmuré : « J’allais partir ». Elle a enfilé un long gilet qui traînait sur le canapé. Dans la cuisine, elle a préparé du café. Il est venu derrière elle. Il a passé les bras autour de sa taille et l’a renversée sur la table bancale. Elle a gémi : « Non… Non… » tout en lui mangeant la figure de baisers sonores. L’eau gargouillait dans la casserole. La table cognait contre le mur. Le pantalon sur les chevilles, il écoutait ces bruits qui l’amusaient.

Elle était riche et libre, un peu plus âgée que lui. Au fond, il ne savait pas grand chose d’elle. Dans une soirée chez des amis communs, elle lui avait confié le vif intérêt qu’elle éprouvait pour ses créations. Par la suite, il avait compris qu’il n’était pas le seul artiste capable d’éveiller en elle, une tendre curiosité. Il appréciait cependant sa qualité d’écoute, ses yeux clairs et intelligents, ses sourires énigmatiques. Elle posait des questions auxquelles personne ne songeait, lui le premier. Il les évitait d’une pirouette mais en la quittant, il y repensait. Elle l’aidait à progresser sans jamais lui donner de conseils.

Cette image d’elle, nue dans l’escalier, lui avait trotté dans la tête pendant plusieurs jours. Il détaillait mentalement chacun de ses mouvements, les décomposait en un film au ralenti, scintillant sur une toile blanche. Il avait fini par peindre ces quelques secondes en s’efforçant de les épurer, de leur ôter tout sentimentalisme pour ne garder que cet enchaînement de pas vers le bas. Sous son pinceau, l’amante était devenue un mannequin en bois qu’il pouvait tordre dans toutes les positions en faisant craquer ses jointures métalliques.

Il avait dû retirer ce tableau du Salon des Indépendants. Blessé, il s’était dit que les Cubistes manquaient d’humour, trop englués dans leurs théories sur l’art. Deux ans plus tard, la toile était exposée aux Etats-Unis et son auteur connaissait la gloire au moment où la peinture cessait de l’intéresser. Il préférait expérimenter de nouvelles voies, jouer avec une roue de bicyclette, un tabouret, une plaque de verre ou du fil à coudre. Il bricolait ses inventions bizarres entre deux parties d’échecs quand il ne noircissait pas ses carnets de schémas tarabiscotés ou de petits mots exquis.

Elle l’avait invité à dîner, la veille de son départ pour l’Amérique. Les lumières allumées, ils s’étaient aimés sur le tapis du salon, les marches de l’escalier, la descente de lit et dans la baignoire profonde. Elle le contemplait, les yeux chavirés. Elle chuchotait : « Reste encore, reste… » Désarmé, il s’obligeait à penser qu’elle l’oublierait vite. Au petit matin, elle lui avait mangé la figure de baisers, pour la dernière fois.

Bien sûr, d’autres amants s’étaient succédés dans le fauteuil en osier mais nul ne savait la regarder comme le jeune homme pensif photographié par Man Ray.

avertissement

D'accord, ce blog investit le champ artistique... Néanmoins, certains billets pourraient être fort explicites suivant les tribulations de l'auteur. Vous voilà prévenus.

point de vue

il n'y a pas d'art érotique. Il n'y a que l'art. Il peut bien sûr être érotique. Question de point de vue... sur l'art.
décembre 2014
L Ma Me J V S D
« mai    
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031  

Archives

Catégories

Stats depuis le 17.06.07

  • 3,801,027 visites
Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 72 autres abonnés