Ah, c’est qu’elle fit couler de l’encre cette image, dès lors qu’au début des années 90, Oliviero Toscani l’installa, bilboard monumental, face au dôme de Milan. La Curie romaine la fit enlever illico presto. C’est vrai qu’elle n’est du tout convenable, du tout du tout. Un vrai baiser de cinéma; une jeune nonne belle à damner tous les seins du paradis, tenue en haleine du bout des lèvres par ce jeune prêtre qui préfère la feutrine du chapeau rond à la barette à ponpon de don Camillo. On l’imagine en fine dentelle sous la robe, cette jolie nonette. Et pour ma part, je suis disposé à confesser ma concupiscence.
A l’époque, Oliviero Toscani, dont les images sont aujourd’hui au musée, criait haut et fort sa liberté d’expression, même par rapport à Luciano Benetton, commanditaire de ces désormais célèbres campagnes de pub. "Luciano, déclarait Toscani, c’est un mécène. C’est mon Jules II à moi".
Il est vrai que Jules II, pape mécène, laissa Michel Ange exalter de la plus belle manière qui soit la beauté du corps masculin, une homosexualité aussi magnifiée qu’évidente, le nu cachant la Faute au plafond de la Sixtine.